19 mars 2014

Drancy, désert culturel dans l'oasis dyonisienne

               Dimanche aura lieu le premier tour des élections municipales en France. J'habite Drancy depuis 5 ans. Je suis professeur au conservatoire de Bobigny et Président de l'Association Scènes Saint-Denis. J'ai donc l'occasion d'enseigner, et de pratiquer la musique dans mon département. Et je constate depuis 12 ans que j'habite en Scènes-Saint Denis, car j'étais auparavant à Aubervilliers, où mon fils est élève du conservatoire, le dynamisme et la vitalité exceptionnelle des pratiques artistiques de ce département, notamment dues à sa jeunesse.

             Pourtant, à Drancy, ce dynamisme et cette vitalité sont silencieux, et pour cause.  Cette ville de 67 000 habitants, qui voit tous les mois de nouveaux arrivants au bénéfice des opérations immobilières du maire sortant en provenance, notamment de Paris, dort sur ces deux oreilles. La vie nocturne y est absente, point de thêatre comme à Bobigny et la MC93, point de forum où de lieux de conférences et de débats comme au forum du Blanc-Mesnil, pas de conservatoire municipal mais une association qui fait école de musique avec les moyens du bord au gré des subventions et de leur aléa, pas une seule librairie, pas de vrai salle de cinéma mais un écran tiré à l'espace culturel pour proposer un film pour enfants et un block-buster par semaine, pas de lieux de pratiques musicales, studios de répétitions ou d'enregistrement, encore moins de lieux de pratiques comme la danse, aucun artiste en résidence. Seuls la médiathèque peut prétendre à rivaliser avec d'autres villes de même taille.

               Alors que le débat sur la réforme de l'assurance-chômage et les régimes d'indemnisation, notamment celui de l'annexe 10 des intermittents du spectacle dont je fais partie a clairement mis en lumière la corrélation étroite entre l'activité culturelle et le dynamisme économique et que ce département prouve à longueur de temps sa richesse inexploitée en ce domaine, Drancy se paye le luxe du sous-développement culturel le plus affligeant. Ville dortoir qui compte sur la proximité de la capitale pour la culture, culture pour les riches.

              Pour les autres, ceux qui n'ont pas le temps , ni l'argent, reste la télévision ou la programmation de l'espace culturel dont la médiocrité rappelle justement la télévision.

             Ici à Drancy, la culture n'est pas une priorité, ça n'a rien d'étonnant même si c'est désastreux mais à y regarder de plus près on a même l'impression que la culture y est indésirable!


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