10 juillet 2007

Pas d'amnistie, acte I

Je dois dire que la décision du président de n'accorder aucune amnistie générale ne me choque pas en soi. Et il ne me semble pas que l'argument de la tension accrue dans les prisons justifie la critique. En fait cette décision qui soulageait quelques mois durant les prisons masquait la misère de la condition inhumaine imposée aux détenus dans notre pays et maintes fois dénoncée dans divers ouvrages de médecins ou magistrats.

Mais car il y a un mais, si cette non-amnistie n'est suivie d'aucune amélioration des conditions de détention et surtout du problème de la surpopulation carcérale qui ne va pas s'arranger avec les projets de notre président, alors cette décision deviendra indigne voire honteuse et ignoble ou même irresponsable.
Pour l'instant je n'entends pas beaucoup parler de ce problème dans le discours de notre gouvernement. J'attends de voir mais il ne va pas falloir attendre trop pour l'acte II.

2 commentaires:

Un peu de sérieux a dit…

Beaucoup d'activités semble t-il ! Mais c'est bien de rester en prise directe avec la réalité quotidienne et il est bon de garder un oeil objectif mais attentif ! Attitude qui me satisfait !

Sylvain Rifflet a dit…

tout à fait d'accord d'autant plus que ....

La valise diplomatique

lundi 16 juillet 2007
Répression des mineurs : le contre-exemple américain
Le 5 juillet, au terme d’un examen mené tambour battant par la ministre de la justice Rachida Dati, le Sénat français a adopté le projet de loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs. L’Assemblée nationale en débattra à son tour à partir du 17 juillet. Les peines minimales instaurées par ce texte s’appliquent aux mineurs ; s’ils sont âgés de plus de 16 ans, ceux-ci se voient retirer l’excuse de minorité dès le troisième acte de violence.

Ces mesures s’inscrivent dans une politique de recours massif à l’incarcération — une note de l’administration pénitentiaire publiée le 11 juillet prévoit environ 80 000 détenus en 2017, alors qu’ils sont actuellement au nombre de 60 800 pour 50 500 places. Elles signifient également un nouveau durcissement de la loi à l’égard des mineurs délinquants.

C’est dans ce contexte qu’un éditorial de l’International Herald Tribune (1) vient rappeler le caractère à la fois « inhumain et contre-productif » de la suppression du traitement spécial pour les mineurs. Au cours des dernières décennies, en effet, les Etats américains ont jugé un nombre croissant de mineurs comme des adultes, en les enfermant dans les mêmes prisons que ces derniers. Or, comme l’a encore montré une étude (2) publiée au printemps dernier par l’American Journal of Preventive Medicine, cette politique a eu des conséquences désastreuses : les enfants concernés ont, par la suite, commis davantage de crimes violents que ceux qui avaient été jugés et incarcérés en tant que mineurs. En outre, souligne le journal, la moitié de ceux qui avaient été traduits en justice dans ces conditions n’ont pas été condamnés — mais ont tout de même fait de la détention préventive avec des adultes.

Enfin, il est établi que les mineurs noirs ont davantage de « chances » d’être jugés et condamnés comme des adultes. La déclaration de M. Nicolas Sarkozy justifiant la modification de l’ordonnance de 1945 par le fait que « les mineurs de 1945 n’ont rien à voir avec les géants noirs des banlieues d’aujourd’hui », le 28 juin 2006 en conseil des ministres (lire « La discipline s’impose dès le berceau »), ne permet pas d’affirmer qu’il n’en sera pas également ainsi en France. Un paradoxe au moment où la France, au nom de la protection des mineurs, prend une part active à la campagne internationale pour la libération et la réinsertion des enfants-soldats.