25 avril 2009

La Bohème à Aubervilliers: une réussite salutaire.

En ces temps de crise , et alors que nous sommes assourdis par les discours vantant la rentabilité et la consommation, voici une initiative exemplaire et salutaire. Monter un opéra de Puccini en Seine-Saint-Denis, avec un conservatoire mais aussi l'aide d'autres intervenants comme des lycées professionnels, cela peut paraître impossible pour qui connaît la musique, et pourtant c'est ce pari que sont en train de réussir Daniel Delarue (metteur en scène), Jean Roudon (chef d'orchestre), respectivement professeur et directeur du conservatoire d'Aubervilliers-La Courneuve.
Ce n'est pas rentable (même si ça ne coûte presque rien), et ce n'est certainement pas un produit de consommation comme les autres, et cela n'en a que plus de valeur. Cette entreprise ne tient debout que par la passion de la musique qui anime ses initiateurs et ses acteurs. Et c'est une extraordinaire conjonction de travail, de compétences et de talents qui en assure la réussite.

Enfin, comment ne pas remarquer que cela se passe dans le neuf trois! Dont on parle tellement souvent pour rien. Et ceci complète la nécessité d'une telle initiative, un opéra sublime, brillamment chanté et joué, pour dix euros (!), voilà qui redonne à cette musique sa qualité populaire.
Voici le lien où trouver toutes les informations pour réserver ainsi qu'une vidéo de répétition. Les réservations sont ouvertes et vu le nombre de participants (90 choristes, 60 musiciens, etc,...), il vaut mieux ne pas attendre le dernier moment.
Voici également une vidéo d'une répétition dite "italienne", c'est à dire sans la mise en scène, prise depuis mon siège dans les choeurs qui montre la qualité du spectacle à venir.





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1 commentaire:

Moi a dit…

Chapeau bas à Messieurs Delarue et Roudon !
Le neuf trois a déjà prouvé qu'il savait offrir des évènements musicaux à une population qui ne peut se permettre des écarts en matière de budget. La culture et la musique doivent rester accessible sous peine de ne briller qu'au sein d'une élite pas si fûtée qu'on le croit.

L'exemple du "Aulnay Blues Festival" s'ajoute à la belle initiative d'Aubervilliers, de grosses pointures du Blues viennent s'y produire pour 12 euros dans un théâtre et une expo relaie l'histoire du courant musical en question.
Pour info, les mêmes musiciens qui jouent au Lionel Hampton (Méridien) coûtent cinquante euros... pour ne citer que cela.

Encore bravo pour l'état d'esprit des instigateurs, veritable vecteur de ce que se doit d'être la musique scénique de temps à autre : accessible à tous.